Formation parisienne issue de la rencontre de Lina (basse) et Jean-Philippe (guitare/chant), Moksha n'a de cesse depuis quelques temps de bouger, faire parler de lui pour essayer de sortir de l'anonymat. Moksha par ci, Moksha par là, le nom apparaît de plus en plus partout et c'est donc tout naturellement que l'on finit par jeter une oreille pour savoir de quoi il en retourne. Puisant ses racines dans le rock le plus pur, Moksha possède le talent lui permettant de pondre des titres relativement accrocheurs qui lui auront valu une certaine forme de reconnaissance radiophonique. En effet, pendant plusieurs semaines, le titre "Vulnérabiliser" a été diffusé sur les ondes de la radio nationale Le Mouv'... Et quel titre! Si vous aimez le rock aux accents popisant, vous allez en prendre plein les oreilles! Couplets simplistes et efficaces, refrain à la mélodie en béton, break lancinant qui vous inonde de l'émotion que tente de retranscrire des paroles très joliment écrites... "Vulnérabiliser" est un tube, un point c'est tout! Et "T.O.A" regorge de titres du même accabit. Simplicité dans l'écriture, refrains entraînants, Moksha a compris l'essence même du rock et s'en donne à coeur joie. 10 titres qui en veulent aussi bien à la scène internationale avec des relents de Muse ("T.O.A") ou Jeff Buckley ("Algarade") qu'à la scène française avec des accents à la Luke ("Les Témoins") ou Deportivo ("Dans Ma Nuit"). Mais Moksha ne boude pas non plus son amour pour les riffs costauds à l'image du metal dubisant "Jeux de Grands" ou encore à la new wave avec un "Grande Elégance" aux sonorités très années 80s. Si musicalement le trio démontre de très belles capacités, le groupe signe des textes empreints de poésie, de réalisme, avec des mots justes qui ne laissent pas indifférends. Un belle démonstration que la langue française utilisée à bon escient dans la musique n'est pas toujours un mauvais choix artistique... A vrai dire, ce premier album ne pêche que par les capacités vocales de JP. Non pas que le sieur chante mal. Son timbre de voix, quand il est maîtrisé, s'insère parfaitement dans les compos, à l'image du très convaincant titre final "Banlieue Nord". Mais force est d'avouer que quand il part vers des divagations très buckleyennes (oui, chez Papercuts on emploie plein de néologismes qui paraîtront dans le Petit Robert Edition 2010) comme sur le refrain du très variétoche "Algarade", on frôle la cata totale, les aigus absolument pas maîtrisés sonnant irritants au possible. Heureusement, leur utilisation est limitée à un ou deux titres ce qui permet de limiter la casse. Il aurait été franchement dommage de mettre à mal la qualité de l'ensemble. Bref, "T.O.A" est un bon album de rock alternatif qui m'a clairement convaincu et que je ne peux que vous inviter à découvrir... Un nom à surveiller.

PAPERCUTS
http://papercuts.fr/musique-Moksha-T-O-A--501.html


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