Dans le microcosme du skapunk français, être signé sur un label aux côtés de Korttex, composé d’ex-Kargols, Skawar, Dreadful rappelons-le, ça donne un minimum de visibilité. Pour autant les adeptes de cette scène cuivrée française s’en sont allés pour la plupart vers d’autres contrées plus à la mode, et le pouet-pouet, qu’on appelait « festif », n’a plus trop le vent en poupe, un comble ! Les Pellos ce n’est pourtant ni du ska-punk ni vraiment de la chanson française alternative à la Hurlements D’Léo. C’est entre les deux ma bonne dame, avec en plus une touche carrément jubilatoire de swing de derrière les fagots ! Ajoutez à cela l’esprit Do It Yourself bien affirmé, l’expérience fanfare manouche qui refait surface de-ci de-là, pas désagréable, des textes exclusivement en français, parfois inégaux mais souvent concernés, sinon engagés, et à la teneur poétique certaine… et vous obtenez la formule de ce second album qui prête très largement à la danse et à l’ouverture des esprits. L’appartenance des membres du groupe à cette scène cuivrée du sud-ouest, et ce depuis le lycée, est indéniable. Olivier, le trombone, ainsi que d’autres membres du groupe, ex ou actuels, ont ainsi été vus à fricoter dans La Replik (Crash Disques) ou Les Touffes Chrétiennes aux côtés de Fils De Teuphu et d’Ogres De Barback entre autres… Bref vous situez l’arbre généalogique. Pour autant Les Pellos c’est l’aile irrévérencieuse et contestataire de la famille (l’excellente « Donnez-Moi »), bien plus que les vagues cousinages bobo Téléramesques. Punk dans l’esprit pour sûr, la bande ne renie sûrement pas la filiation avec la vieille garde alterno, les Béru en tête. Musicalement, l’atout principal du groupe n’est surement pas la prod de son disque, manquant parfois un peu de coffre. Néanmoins l’énergie délivrée par nos sept lascars est là, la faute à un instinct du swing et à des cuivres de haute volée, omniprésents, variés, riches. Le groupe n’est pas non plus avare d’accélérations qui n’ont rien de simplement festives comme se plaisent à le dire certains, même si l’alternance de sonorités punk (« Welcome ») et de plans dub ou swing n’atteint pas les extrêmes que l’ont peut trouver chez Kiemsa par exemple. Les textes à caractère social et les thèmes abordés n’ont eux, pas grand-chose de festif (mise à part « Marie Claire » le dernier morceau), l’aspect dansant du groupe résidant essentiellement dans ses multiples influences allant chercher jusqu’au vieux rock n’roll ou la musique tzigane. Dans chaque registre l’habileté des zicos est irréprochable (les soli de sax et de gratte en feraient pâlir plus d’un). Armé de quelques tubes plus marquants (« Les Couteaux Dans les Plaies », « Lunatik System »…), d’un bon équilibre entre les différents styles proposés, délivré avec toute l’expérience et la sensibilité d’un groupe avant tout taillé pour le live, Les Gens Sales parvient à faire mouche d’un bout à l’autre. Ça skanke, ça remue du popotin, ça fout la bonne humeur le temps d’un album de trois-quarts d’heure « Et même si cela n’a jamais rien changé, remuons, remuez les couteaux dans les plaies ! »…

16,5/10

PUNK FICTION
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